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Entretien avec Guillaume Erard
Écrit par Aurore Mamet   
Lundi, 23 Novembre 2009 00:00
Guillaume Erard
Cet article est un peu spécial pour moi puisque pour une fois, je me place dans le fauteuil de l'interviewé et je réponds aux questions d'Aurore, mon ancienne collègue et amie d'Aïkidoka Magazine. Aurore m'avait gentiment invité à animer un cours spécial à son dojo de Besançon et nous passâmes un moment formidable de pratique et d'échange. Sept Aïkidoka de Dublin avaient en outre fait le déplacement spécialement pour me soutenir, ce qui rendit le cours encore plus spécial étant donné que je venais de quitter l'Irlande.

L'article suivant fut initialement publié sur le blog du Gonojukan.

______________________________________________________________
Par un beau samedi de juin, nous avons eu la joie d'accueillir Guillaume Erard, aïkidoka français expatrié à Dublin et ancien compère d'Aurore au magazine AïkidoKa. Ce solide gaillard a profité de son retour en France (destiné à préparer son exil prochain au Japon) pour animer un cours spécial de 3 heures... plutôt sportif !

Guillaume pratique l'Aïkido depuis quatorze ans, et a suivi plusieurs écoles au gré de ses déplacements. Après des débuts au sein du groupe Nocquet, il rejoint en 2001 l'Irlande pour des raisons professionnelles et partage notamment le tatami de Alan Ruddock, un élève direct de Ô Senseï. Il rejoint ensuite le United Kingdom Aïkikaï, avant de s'établir plus longuement au Dublin Aïkikaï Aikido sous la direction de Cyril Lagrasta. Cette fédération sous la direction technique de Philippe Gouttard et Luc Mathevet reçoit en outre Marc Bachraty ainsi que Christian Tissier. Sa vie professionnelle ne le retenant plus davantage en terre irlandaise, Guillaume effectue actuellement les formalités nécessaires à un séjour qu'on imagine (très) prolongé au Japon, où il pourra retrouver avec joie le Hombu Dojo.

Un parcours riche mené avec une passion et une volonté de fer qu'il convient de saluer... par quelques chutes bien senties !

D'emblée, Guillaume a annoncé la couleur très tonique qu'il souhaitait donner à son cours : nos corps tout rouillés du samedi matin ont du vite trouver le rythme car les nagewaza étaient au rendez-vous ! Les élèves du Gonojukan se sont mélangés à ceux du Dublin Aïkikaï (des irlandais, français, espagnols, canadiens, polonais et américains) dans une ambiance "auberge espagnole" très chaleureuse. Les bisontins ont commencé à puiser dans leurs souvenirs d'anglais avant de se rendre compte combien le langage de l'Aïkido est universel. Même Guillaume s'est perdu dans la langue à adopter devant un public si hétéroclite ! Il a commencé en français, puis les habitudes ont repris le dessus jusqu'à ce qu'un timide "euh... in french, please ?" ne nous fasse tous éclater de rire.

Petite revue de détail d'un aïkidoka surmotivé et à l'avenir prometteur :

Aurore Mamet : Pendant ton cours, en anglais ou en français (lol) tu nous as présenté quelques-uns de tes chevaux de bataille. Notamment : ne pas parler sur le tatami. Tu n'aimes pas beaucoup les moulins à rata...

Guillaume Erard : Effectivement ! Pour moi les mots, sur le tapis, ne servent qu'à se mentir à soi même et aux autres en déformant la réalité du mouvement. C'est aussi le principe du téléphone arabe : le professeur dit quelque chose que l'élève interprète et qu'il va ensuite re-expliquer à son partenaire en se basant sur l'erreur technique qu'il a perçue, puis le partenaire lui-même ne va pas toujours comprendre à 100% cette correction et peut être même mal la vivre... Si tu ajoutes la difficulté de pratiquer avec une personne de langue et culture différente, c'est la fin ! On ne se parle pas sur les tapis à Tokyo, alors je ne vois pas pourquoi on devrait palabrer en France sous prétexte qu'on parle tous la même langue.

Quand je viens en stage en France, je présente mon passeport irlandais. C'est très utile, car quand quelqu'un commence à me parler sur le tapis, je peux prétendre ne pas comprendre et ça m'évite d'avoir à endurer les monologues stériles (rires).

Sérieusement, je comprends tout à fait que les gens s'offusquent lorsque je ne leur réponds pas ou ne leur dis pas mon nom sur le tapis, mais je suis convaincu que quand on pratique bien pendant 5 minutes, quand on s'est réellement fait plaisir, cette mauvaise impression est bien vite oubliée et on sait alors vraiment à qui on a affaire. On peut ensuite parler de tout ce qu'on veut à la buvette après le stage.

Guillaume Erard and Sergio Azorin

Aurore Mamet : Comment te places-tu dans l'inévitable débat sur l"efficacité" de l'Aïkido ?

Guillaume Erard : Je n'y participe jamais. Je déteste et évite les discours sur l'efficacité ; ce n'est pas mon sujet sur le tatami.

Je ne vois que deux types de personnes qui peuvent trouver un intérêt à chercher l'efficacité: les gens qui veulent agresser et ceux qui ont peur d'être agressés. Heureusement, en Aïkido, on reçoit surtout des gens de la deuxième catégorie.
Je pense que pour être efficace, il faut être prêt à être blessé ou à mourir à l'entraînement. On veut souvent travailler l'efficacité mais notre partenaire doit pourtant faire attnetion a nous ménager ou bien ne pas trop solliciter nos points douloureux. Evidement, c'est la chose à faire si on veut pouvoir s'entraîner la semaine d'après. Peu de gens vont s'entraîner plus de 4 fois par semaine, et bien moins encore le font lorsqu'ils sont un peu malades, un peu blessés ou même juste surmenés, alors aller se battre à mort...

Je pense également que la recherche à tout prix de l'efficacité est une certaine perte de temps, surtout vu le faible nombre de personnes qui se font attaquer et dont les conditions d'attaques leur laissent la possibilité d'utiliser l'Aïkido. À part quand on se comporte comme un idiot dans un bar (ça m'est arrivé), on se fait rarement attaquer en un contre un, en ayant le temps de le voir venir et sans le désavantage provoqué par la présence d'une arme de l'autre côté. Personne n'a jamais dit que la vie était juste et malheureusement, certaines situations n'ont pas de solution miracle. Donc, travailler 30 ans, 3 fois par semaine, se faire mal, avoir mal, tout ça juste pour se préparer à cette éventualité, ça ne me semble pas du tout intéressant ni productif si on ne cherche pas à développer autre chose en parallèle.

L'Aïkido, comme dans tous les autres budo, est un système d'éducation. Le terme de budo a spécifiquement été créé pour le séparer du bujutsu. Le problème, c'est qu'en Français, ils sont regroupés sous la bannière « Arts Martiaux » donc c'est difficile pour le néophyte de savoir exactement ce qu'on va lui enseigner.

Moi je préfère envisager l'Aïkido de son point de vue positif « se construire » que du négatif « se défendre ». Il faut mettre en œuvre, via la technique, la construction et le développement de son propre corps ainsi que celui de son partenaire. Évidemment, pour arriver à ça, il faut un professeur pour guider vos pas. Moi j'ai eu la chance de rencontrer Philippe Gouttard et même si la forme de mon Aïkido a été influencée par beaucoup d'autres enseignants, son fond a acquis une substance principalement grâce à Philippe. En fait, les gens qui le connaissent penseront sûrement que je suis en train de lui piquer ses idées dans cet article (rires)! De toute façon, à mon niveau, c'est normal de paraphraser ses professeurs, j'ai encore beaucoup de temps et de marge pour développer mes propres idées. Je tiens d'ailleurs à le remercier ici, lui et Cyril Lagrasta, car sans eux, je ne serais pas en train de dire ces choses, je ne serais jamais allé au Japon et je ne pratiquerais peut-être même plus l'aïkido du tout. Il m'est difficile d'exprimer à quel point je leur suis reconnaissant.

Guillaume Erard

Aurore Mamet : Samedi, tu as insisté sur la relation de confiance qui doit s'installer, très rapidement, entre Tori et Uke. Cela suppose de vaincre certaines réticences d'être malmené, voire des craintes réelles en ce qui concerne les blessures. En même temps, personne n'avoue vouloir faire "de l'Aïkido de fillette " !

Guillaume Erard : De toute façon, on est toujours la danseuse de quelqu'un.

Il faut supprimer la peur. On travaille dans le "et si"... et si ça m'arrivait? Et si on m'attaquait ? Alors, je ferais ça, ou ça ou ça... Pour moi, c'est regrettable de passer 6-8h par semaine pendant 10 ans à s'entraîner juste à cause de la peur qu'on a au ventre. On devrait avoir d'autres motivations.

On est vraiment pleins de paradoxes, surtout en Aïkido. On pratique l'Art de la paix, mais on se fait mal. On se détruit les poignets, s'abîme les vertèbres mais on n'a pas surtout pas le droit de se mettre des droites en pleine figure. Je ne comprends pas très bien cela.

Guillaume Erard

Ça ne me dérange pas du tout que quelqu'un m'accuse d'avoir un Aïkido de « fillette ». Dans le passé, j'ai pratiqué des formes assez dures d'Aïkido, certaines fois avec des anciens instructeurs de l'armée, donc j'aime a penser que mes choix de pratique sont informés. Quand un élève vient me voir et me demande si ce que j'enseigne marche dans la rue, je réponds que je ne sais pas. A mon, avis, si on veut être bon dans la rue, c'est dans la rue qu'il faut aller s'entraîner ! On ne devient pas bon au foot en faisant du ping-pong. Cela dit, j'ai toujours eu ce genre de commentaires sur l'efficacité de la part de gens qui ne s'étaient jamais battus de leur vie, les autres commentent rarement à ce niveau, ils restent où ils partent, mais ne disent rien, ils savent.

Moi je prends des gens qui viennent avec des peurs et des complexes, car je pense que s'ils étaient bien dans leurs baskets, ils ne passeraient pas un temps précieux à pratiquer un Art Martial, mais exerceraient leurs désirs créatifs à la peinture, apprendraient une langue étrangère, ou d'autres choses plus productives... Alors, j'essaie d'enlever à mes élèves la peur de l'autre via une relation de confiance avec moi et avec leur partenaire. On dédramatise le contact avec l'autre et on change de partenaire le plus souvent possible pour « toucher » tout le monde et ne pas se retrouver avec des partenaires « préférés ». En fait, je n'encourage d'ailleurs jamais mes amis à essayer l'Aïkido car je pars du principe que s'ils sont épanouis dans leur vie, ils n'ont pas de raison de vouloir apprendre à « se battre ».

Quand nous avons ouvert notre dojo en plein centre de Dublin, Cyril et moi savions que nous aurions beaucoup de curieux ; des gens de toutes les classes sociales, toutes les nationalités et de qualités physiques très différentes. Le défi qu'on s'était fixé était de donner leur chance à tous ces gens-là, pas seulement aux plus talentueux ou aux plus forts, mais sans ne jamais rendre l'entraînement plus « facile » que dans notre dojo mère. Deux ans plus tard, cette diversité est toujours là. On a fréquemment autant de femmes sur le tapis que d'hommes et malheureusement, ce n'est probablement pas dû à ma belle gueule (rires). Le colosse polonais et la petite française sont toujours sur le tapis et ils s'entraînent comme des fous, se comprennent sans rien dire et se font une confiance absolue.

Quand ils sortent de mon cours, je veux que les gens se sentent bien. C'est peu, mais c'est déjà énorme. La vie est suffisamment difficile, professionnellement et personnellement pour ne pas avoir a être malmené par un professeur autoritaire ou des partenaires peu délicats.

Guillaume Erard and Sergio Azorin

Aurore Mamet : Tu as parlé de "force" pendant ton cours. Je suppose que tu ne faisais pas référence à la force physique, les gros muscles et tout ça ;-) ?

Guillaume Erard : Sisi ! Surtout en ce moment, je prépare les gens à aller se montrer sur la plage (rires). Sérieusement, on s'efforce de devenir fort en Aïkido dans tous les aspects de la vie et surtout afin d'avoir le courage de laisser entrer l'autre. Certaines fois, pourtant, l'autre profitera de notre confiance pour nous nuire. Mais, si on est assez fort, si on s'est suffisamment entraîné, on devrait pouvoir passer outre ces mauvaises expériences. De toute façon, les bénéfices d'une attitude ouverte compensent plus que largement les éventuelles déceptions, même si ça fait mal.

Au début, on se construit un mur pour se protéger physiquement ou mentalement. L'enfance et l'adolescence ne sont pas des périodes tendres socialement parlant et on apprend à se protéger. Mais rapidement, on s'aperçoit qu'être vraiment prêt et fort, c'est en fait avoir le courage de détruire ce mur si difficilement construit et oser sortir et aller vers les autres.

Guillaume Erard

Aurore Mamet : Un message stimulant que tu as fait passer c'est : essayer, tentez, osez, tant pis si vous vous plantez !

Guillaume Erard : Pour moi, progresser c'est apprendre à faire des erreurs. Passé la chance du débutant, on ne réussi presque jamais rien du premier coup et c'est normal. En Aïkido pourtant, on déteste être pris en défaut et faire des erreurs, surtout quand il y a une différence de niveau ou de sexe. Là-dessus, Cyril m'a beaucoup aidé à dédramatiser l'erreur. Je fais des tonnes d'erreurs et j'espère que même les plus hauts gradés en font aussi un peu, car sinon, ça veut dire qu'ils ne progressent plus. Dans le dojo, à l'inverse de la rue, on a le droit et le devoir de faire des erreurs, même quand on enseigne. On doit travailler trop fort, trop près, trop vite, car sans cette prise de risques, on reste dans sa zone de confort et on ne progresse pas. Quelqu'un comme Miyamoto Shihan est pour moi une grande source d'inspiration. Il prend n'importe qui, il expérimente sur tout le monde, il fait des erreurs, même en démonstrations, mais il s'en fiche, il les assume. Cela révèle pour moi une grande maturité, une grande confiance en soi. Il assume totalement sa recherche et ses erreurs, son Aïkido est vraiment vivant, pas figé.

Aurore Mamet : Mais alors, comment gérer ses erreurs ? Les erreurs de l'autre ?

Guillaume Erard : Alan Ruddock m'a dit qu'O Senseï leur disait souvent que l'Aïkido était fait pour des changer soit même, pas les autres. Gérer ses propres erreurs, c'est déjà pas mal. En tant qu'Uke, je ne bloque jamais une technique, même si elle me semble mauvaise. Elle pourrait bien me paraître mauvaise uniquement à cause du fait que je ne suis pas habitué à cette façon de faire. De toute façon, ce n'est pas à moi de juger ou corriger, mais au professeur qui fait cours. Moi, je mets mon corps à disposition pour que Tori exécute la meilleure technique qu'il puisse. Il faut qu'avec moi, il arrive à faire sa plus rapide, sa plus précise, sa plus forte technique. Mon ukemi doit juste me permettre de le laisser expérimenter au maximum en me garantissant à moi, la sécurité. Si on veut vraiment pratiquer un Aïkido de haut niveau, on a forcement besoin de Uke de haut niveau. Évidemment, on ajuste aussi le degré de présence et on se fait plus lourd quand on travaille avec des gradés, mais l'idée est la même.

Quand quelqu'un me résiste, je ne persiste pas jusque dans la douleur. J'essaie via le mouvement de corriger le tir, mais faire mal parce que quelqu'un résiste me semble bien futile. C'est très frustrant parfois, mais visser un partenaire, même récalcitrant ne nous fait pas avancer. Je me rappellerai toujours des remontrances patientes de Cyril quand il m'arrivait de perdre patience avec un partenaire et le secouer un peu trop fort (rires). Il faut apprendre à perdre, mais ne jamais abandonner.

Face à l'échec ou l'adversité, on s'entraîne juste davantage pour trouver le placement ou le timing judicieux pour éviter d'avoir recours à la douleur ou la contrainte. Enfin, souvent, on a tendance à punir un partenaire pour une erreur que l'on a commise soit même. Il a mal chuté ou n'a pas bougé comme je voulais alors je vais le « serrer » sur l'immobilisation... Comme dans la vie, en Aïkido, si on ne se contrôle pas, on se retrouve à recourir à la violence lorsque l'on n'arrive plus à s'exprimer ou à communiquer. C'est à ça qu'il faut faire attention.

Je dis toujours à mes élèves que quand un partenaire les malmène ou résiste, ils doivent garder courage, se relever et réattaquer sans relâche, jusqu'à ce que leur partenaire demande à faire une pause. C'est ça la vraie victoire, et c'est accessible à tout le monde si on s'entraîne bien. Philippe m'a dit un jour que son but était que ses élèves soient capables de tout subir et tout accepter de tout le monde. J'essaie de faire de même avec mes propres élèves. J'ai eu beaucoup de peine dernièrement lorsque je suis allé à un stage d'une autre fédération avec un vieil ami avec lequel j'avais commencé l'Aïkido. Au milieu du stage, il a quitté le tapis, il n'aimait pas ce qui était proposé. Je n'ai pas compris pourquoi il a fait ça. Quoi qu'il soit démontré, on devrait toujours s'entraîner aussi dur que possible et surtout ne jamais abandonner. Franchement, je n'étais pas non plus enchanté par ce qui était montré mais les gens travaillaient dur et avaient l'air de prendre du plaisir et ça, pour moi et bien suffisant pour rester. De mon coté, j'ai bien sué, j'ai bougé et fait bouger mes partenaires, j'ai travaill é avec des gens à la pratique différente de la mienne et je me suis amusé. C'était donc un bon stage, mais si on fuit, on ne peut pas le savoir...

Vidéo du stage

Dernièrement, un de mes élèves qui a commencé il y a à peu près deux ans avec moi est allé au Japon, seul. Il est allé s'entraîner à l'Aïkikaï quotidiennement, directement à l'étage du dessus, au cours avancé. Bien sûr, techniquement, il faisait ce qu'il pouvait, mais il a transpiré et fait transpirer ses partenaires. Quand j'ai su ça, je n'ai jamais été aussi fier et heureux d'être enseignant ! Le peu que je lui ai appris lui a permis d'aller pratiquer à 10000 km de chez lui, de se mettre dans une situation stimulante et de se faire plaisir. Ce résultat est pour moi la seule façon de savoir si vous avez fait votre boulot en tant qu'enseignant.

Aurore Mamet : Tu nous as présenté un cours très tonique ; exiges-tu toujours beaucoup de tes élèves ?

Guillaume Erard : J'ai un seul mot d'ordre sur le tapis ; que je pratique avec un 6e dan à Tokyo ou un 6e kyu à Dijon, au moins un de nous deux doit arriver à sa limite. Si je suis plus expérimenté, je pousserai mon partenaire jusqu'au point limite physique, mental ou technique, mais bien sûr sans aller au-delà. Si je suis moins gradé, je ferai mon maximum pour aller à ma propre limite, proposer à cette personne le meilleur de ce que je peux faire, ne jamais m'économiser et si je suis sur le point de tomber, j'ai réussi !

Je ne pense pas qu'exiger la même chose de mes élève soit être particulièrement exigent ou sévère. Les élèves ne sont pas bêtes, s'ils te voient tout donner, être à fond, ne rien garder pour toi, ils se mettront naturellement sur le même standard et feront automatiquement leur maximum.

S'entraîner intensément physiquement ne devrait pas être confondu avec s'entraîner de façon « sportive ». Ce n'est pas la quantité de sueur (ou son manque) qui définit si l'on pratique un budo ou pas mais bien ce que l'on essaie de développer au travers de la pratique.

The Group

Aurore Mamet : Merci Guillaume d'avoir partagé ta vision de l'Aïkido avec nous. Bon vent à toi au Japon, et comme on dit par ici : "à la revoyotte" !

Guillaume Erard : Merci à toi de m'avoir permis de m'exprimer et désolé pour les longues réponses (rires) !

Photos par Angela Drainville et Aurore Mamet

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Pour aller plus loin:

Entretien avec Philippe Gouttard

Entretien avec Cyril Lagrasta

Entretien avec Christian Tissier Shihan

Guillaume Erard



 
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